De nombreuses études mettent en évidence l'impact sur la santé


©Arnaud Terrier

Les populations urbaines ont une grande sensibilité aux risques liés à la pollution atmosphérique et sonore notamment . En conséquence, de nombreux efforts doivent être entrepris par les autorités, le public et les industriels, notamment du secteur automobile. Il leur faut résister à la tentation de construire des automobiles encore plus puissantes et pas toujours adaptées au milieu urbain. Tout doit être fait pour réduire les effets nocifs d'une utilisation exagérée des modes de transport individuels.

Les citadins respirent en permanence un air chargé en polluants, comme par exemple le dioxyde d'azote (NO2) dégagé par l'utilisation de combustibles fossiles[1].

Il est reconnu depuis longtemps par le corps médical que la pollution atmosphérique aggrave certaines maladies ou favorise leurs apparitions. Un rapport récent de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est très clair à ce sujet. Chez les bébés de moins de 12 mois, dans un univers pollué, il est constaté un accroissement des risques de mortalité consécutifs au développement de maladies respiratoires et pulmonaires. Mais, tous les enfants des grandes agglomérations sont concernés. Pour eux, il a été prouvé que l'incidence de la pollution sur les infections respiratoires pouvait être 50% supérieure à celle constatée chez les enfants vivant dans des régions moins polluées. Les adultes ne sont pas non plus épargnés par une recrudescence des maladies cardiovasculaires et respiratoires, mais aussi des cancers des poumons.

[1] La pollution et nos poumons

Le transport routier contribue largement à l’émission de polluants : 70% des oxydes d’azote, 40% des composés organiques volatils, 40% des particules y trouvent leur origine.

zoom

Données AIRPARIF

Un programme de recherche spécifique à Paris


©Sophie Robichon

Seulement 10% de la
pollution régionale est
produite à Paris !

L'Observatoire Régional de la Santé (ORS) mène depuis 1990 un programme de recherche spécifique à Paris et à sa proche couronne : ERPURS (évaluation des risques de la pollution urbaine sur la santé). Selon l'ORS, les études successives réalisées dans le cadre de ce programme montrent l'existence de relations significatives à court terme entre les variations journalières des niveaux de pollution atmosphérique et des indicateurs de santé (mortalité, hospitalisations, recours à la médecine d'urgence).

Ainsi, selon l'ORS, dans le cadre de la dernière étude ERPURS qui date de 2003, pour ce qui concerne le polluant dioxyde d'azote (NO2), le passage d'un niveau de base (niveau non dépassé au cours des 18 jours les moins pollués de l'année) à un niveau médian (niveau atteint ou dépassé pendant la moitié du temps) est associé à une augmentation du risque de mortalité respiratoire de 4%, et à une augmentation du risque d'hospitalisation pour asthme des enfants de moins de 15 ans de 8%.

Certains gaz d'échappement produits par des véhicules diesel sont propagés sous la forme de particules plus ou moins grosses appelées PM10 et PM 2,5 (particules dont le diamètre est inférieur, respectivement, à 10 µm3 et 2,5 µm3). Plus ces particules sont fines, plus elles pénètrent profondément dans les poumons de chacun.

Selon l'ORS , l'impact sanitaire d'une exposition à ce polluant a été évalué dans le cadre de la dernière étude européenne APHEIS (Air Pollution and Health : A European Information System) menée en 2003. Si la concentration de particules était réduite de 5µg par mètre cube d'air respiré, ce sont environ 120 décès anticipés à court terme qui pourraient être évités à Paris et en proche couronne. En prenant en compte les effets à long terme de la pollution atmosphérique de particules, ce chiffre s'élèverait à environ 850 décès évitables dans ces études.

Enjeu de santé publique, la lutte contre la multiplication des polluants les plus dangereux, contribue donc à améliorer non seulement la qualité de la vie mais aussi sa durée.

Et demain à Paris ?


©David Lefeuvre

La municipalité parisienne a décidé, dès le début de la mandature en 2001, de proposer aux parisiens des solutions novatrices destinées à faciliter leurs déplacements, tout en favorisant les transports en communs et les modes de circulation douce. Les réalisations se traduisent par un nouveau partage de l'espace public au profit des autobus, des vélos, des piétons, du stationnement pour les résidents et des marchandises.

Il en résulte un changement de la manière dont on se déplace et dont les marchandises sont livrées. Ainsi, depuis quatre ans, la circulation intra-muros a diminué de 14% dans la ville alors que la fréquentation du métro a augmenté de 8% , celle des pistes cyclables de 47%.

D'autre part, les professionnels du transport sont incités à utiliser des véhicules électriques, au GPL ou au GNV ou des vélos tri-porteur pour effectuer les livraisons. Il restera aux citadins, parisiens, franciliens et visiteurs de choisir, autant que possible, des moyens de transport collectifs qui changeront, peut être, leurs habitudes, mais amélioreront, certainement, la qualité de vie générale. Cela devient aujourd'hui un acte citoyen pour ceux qui vivent, travaillent ou visitent Paris, mais aussi un investissement pour les générations futures.

Pour en savoir plus...

DDASS & DRASS