Avec une augmentation de 42% depuis 1997, les motards et « scootards » sont de plus en plus nombreux à Paris. Mais une fois descendus de leur monture, ils redeviennent des piétons et peuvent utiliser un vélo ou une voiture. Tous les usagers de la rue doivent donc apprendre à se respecter mutuellement pour bien vivre ensemble et mieux partager l’espace public.
C’est pourquoi, dans le cadre de la Charte des deux-roues motorisés (2RM) élaborée en concertation avec les représentants d’associations d’usagers, de constructeurs et revendeurs et des services de l’Etat, la Mairie de Paris édite un Guide des bonnes pratiques « Bien-vivre ensemble ». Il s’inscrit dans l’ensemble des actions de la Ville pour mieux prendre en compte les 2RM en matière de sécurité routière, de stationnement et aussi de pollution.
Pour un meilleur partage de l’espace urbain entre tous les usagers
Par passion ou commodité, le deux-roues motorisé (2RM) représente souvent un choix de déplacement pratique pour les déplacements urbains. Cependant, les motos et autres scooters restent les modes de déplacements les plus touchés par les accidents. Impliqués dans 63% des accidents en 2006, ils représentent 53% des victimes. Les acteurs concernés ont donc décidé d’agir pour améliorer leur sécurité. Dans ce cadre, la Mairie de Paris a initié la création d’une Charte permettant une meilleure compréhension entre les 2RM et les autres usagers. Sa rédaction s’est faite en concertation avec les associations (Fédération Française des Motards en Colère - Paris Petite Couronne, Fédération Française de Motocyclisme, Syndicat CGT des coursiers, Automobile Club de l’Ouest, Moto-Zen), les revendeurs de 2RM (Conseil National des Professions Automobiles - branche Motocycle), les services de l’Etat dont le CERTU. Elle a été signée par le Maire de Paris et les associations le 19 mars 2007.
Cette Charte prévoit en annexe la diffusion au grand public d’un Guide des Bonnes Pratiques. Il présente les spécificités des 2RM et de leur usage en ville et quelques conseils à l’usage de tous, dont vous pouvez retrouver les éléments principaux :
Avec les piétons
A Paris, plus de la moitié des déplacements se font à pied. Que ce soient des motards à pied, des enfants, des personnes âgées, des handicapés, la prudence est de rigueur pour les 2RM afin d’anticiper toutes les situations et garder le contrôle de son véhicule. Une vitesse modérée est nécessaire afin de prendre et de faire courir aux autres le moins de risques possibles dans la ville.
Et dans tous les cas, il faut respecter le code de la route ! C’est valable évidemment pour les piétons.
Ils doivent éviter les traversées « sauvages » hors
des passages piétons, et se rappeler qu’un 2RM peut facilement passer inaperçu : du fait de sa taille qui le rend moins visible, de par la présence de mobiliers urbains qui peuvent facilement les masquer.
Avec les cyclistes
Vélos et motos sont de la même famille des deux-roues… Mais les cyclistes sont plus vulnérables. C’est pourquoi les 2R motorisés doivent faire attention aux 2R non motorisés ! Particulièrement au démarrage des vélos, les 2RM doivent les dépasser doucement et maintenir une distance d’un mètre.
Les aménagements cyclables sont des voies réservées aux vélos, ils sont interdits aux 2RM. Comme le stipule le Code de la route, n’essayez pas non plus de doubler par la droite lorsqu’un cycliste aborde une bande cyclable…
Avec les automobilistes
4-roues pensez aux 2-roues motorisés ! N’oubliez pas que les 2RM sont plus fragiles que vous car sans carrosserie. De plus, ils circulent souvent entre les files lorsque les automobiles sont ralenties. Surveillez vos rétroviseurs, essayez de leur laisser la place et utilisez systématiquement vos clignotant lors de changement de files.
La circulation entre les files peut être dangereuse pour être pratiquée dans de bonnes conditions il convient de respecter les recommandations définies dans la Charte. 2RM, n’essayez pas de slalomer entre les véhicules et gardez un comportement prudent.
En savoir plus :
Motards, pensez aux automobilistes
Automobilistes, pensez aux motards
La Mairie de Paris améliore la sécurité des 2RM sur le BP |
Aller plus loin dans les normes environnementales
des deux-roues motorisés
Même s’ils sont pratiques pour circuler dans les lieux étroits, encombrés ou denses, les 2-roues motorisés restent encore mal adaptés à la ville. Ils génèrent d’importantes pollutions sonores et atmosphériques. Aussi, la prise en compte de l’environnement doit être un facteur dans le choix du véhicule.
Depuis le 1er janvier 2007, tous les 2RM de plus de 50 cm3 vendus en Europe doivent satisfaire le niveau d’émissions polluantes « Euro3 ». Cette norme européenne impose aux constructeurs d’appliquer des solutions techniques éprouvées en automobile : quasi-généralisation de l’injection, de la régulation de richesse et du catalyseur 3 voies dans l’échappement.
L’étude ADEME « 2 roues motorisés Euro3 : progrès environnementaux et comparaison à l’automobile » de mai 2007 démontre les avantages et les inconvénients des 2RM en ville.
En plus du gain de temps (44 minutes pour une moto 600cm3 et un scooter 125cm3 contre 88 minutes pour la voiture sur un trajet de 31km), l’étude permet de vérifier que la réglementation Euro3 a conduit à un net progrès des émissions de polluants des 2RM, y compris en usage réel.
Toutefois, les émissions d’oxydes d’azote, de monoxyde de carbone et d’hydrocarbures imbrûlés – polluants locaux ayant des conséquences directes sur la santé – demeurent très supérieures à celles des voitures de norme Euro 4.
Si les oxydes d’azote émis par les 2-roues motorisés ne représentent (selon l’étude réalisée fin 2006 par AirParif) que 4% des émissions du trafic routier à Paris, des progrès sont nécessaires.
La Mairie de Paris soutient les propositions de l'ADEME. Il s’agit de durcir les normes de pollution des deux-roues motorisés et d’appeler les constructeurs à renforcer leurs efforts pour produire des deux-roues motorisés moins polluants et mieux adaptés à leur usage en ville. Comme elle l’indique dans le PDP, la Ville est également favorable à une généralisation de l’obligation du contrôle technique pour les deux-roues motorisés notamment pour les émissions polluantes et sonores.
Améliorer le stationnement 2RM
Comme la circulation, le stationnement des 2RM est spécifique. Pour éviter les chocs et les vols, ils préfèrent stationner dans les voies larges et passantes et pouvoir arrimer leur véhicule. C’est pourquoi la Ville développe un programme ambitieux de création de places spécifiques aux 2rm (10100 places créées) . Si le stationnement sur trottoir est interdit par le Code de la route, le manque de place conduit pourtant les 2-roues motorisés à y recourir... Néanmoins le trottoir doit rester dévolu aux piétons et les 2-roues motorisés qui y recourent doivent absolument veiller à ne pas gêner leur déplacement et notamment : ne pas stationner sur les trottoirs étroits, privilégier le stationnement côté bordure de trottoir (plutôt qu’au pied des immeubles) en raison des pratiques de déplacements des non voyants, éviter de se positionner trop près des passages piétons ou des entrées et sorties d'immeubles et des bâtiments publics, ne pas stationner sur un trottoir face à un distributeur bancaire et éviter le stationnement sur les bouches d'incendie.
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Depuis 2004, et en concertation avec les associations d'usagers, le stationnement des 2R motorisés a été différencié de celui des vélos à Paris. Pour répondre aux besoins de stationnement, la Mairie expérimente de nouvelles manières de stationner :
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