A Paris, l’année 2006 a été particulièrement meurtrière, confirmant la tendance de 2005. Même si le nombre d’accidents, de morts et de blessés est globalement en baisse depuis 2001, en 2006, 64 personnes ont été tuées et plus de 9000 blessées à cause des comportements dangereux. Aujourd’hui, Paris dit STOP !
Circulation : qui fait quoi ?
En matière de circulation, Mairie de Paris et Préfecture de Police ont des domaines de compétences bien distincts fixés par la loi « démocratie de proximité » de février 2002 et son décret d’application.
Le rôle de la Ville
Les compétences de la Mairie de Paris sont de trois ordres :
- L’aménagement de l’ensemble de la voirie, qu’il s’agisse de la chaussée ou des trottoirs.
- La conception, la gestion et l’exploitation des infrastructures de la voirie comme l’éclairage, le mobilier urbain, les feux tricolores, la signalisation ….
- La mise en place d’arrêtés concernant la circulation et le stationnement sur les voies de sa compétence comme la limitation de vitesse, la définition des sens de circulation, le régime et l’emplacement des places de stationnement…
Le rôle de la Préfecture de Police
Le rôle de la Préfecture de Police porte sur 4 points :
- La sanction de ces usagers en cas d’infraction à ces règles
- La gestion de plusieurs voies importantes de Paris comme le boulevard périphérique, les quais, l’avenue des Champs Elysées, les grands boulevards, etc.
- La mise en place d’arrêtés concernant la circulation et le stationnement sur ces axes.
Sécurité routière : Paris dit stop, Paris agit
Chaque année depuis 2001, la Ville équipe la voirie de la capitale afin d’accroître la sécurité des usagers de Paris. Quartiers Verts et zones 30, espaces civilisés, tramway, aménagement des couloirs et lignes de bus, établissent un nouveau partage de l’espace public au profit des piétons, des vélos et des transports publics. Ils visent à pacifier les comportements des différents usagers.
Améliorer les feux tricolores et la signalisation...
Les feux tricolores & la signalisation font l’objet d’une attention toute particulière en matière de sécurité sur l’espace public. La Mairie a donc implanté 1870 feux tricolores supplémentaires.Parallèlement à ces nouveaux feux, 93 opérations subventionnées par la Région Ile-de-France ont été menées par la Ville sur des « points noirs » particulièrement accidentogènes. Des carrefours ont été aménagés avec éventuellement création d’une signalisation tricolore et le renforcement de la signalisation existante.
Sécuriser les abords des écoles…
Les enfants étant des usagers particulièrement vulnérables, l’amélioration de la sécurité aux abords des écoles est également l’une des priorités de la Ville en matière de sécurité routière.
Dans le cadre de la pérennisation du plan Vigipirate et de programmes de sécurité, les établissements scolaires, les centres universitaires et quelques organismes institutionnels ont été sécurisés grâce à l’élargissement des trottoirs et la pose de barrières fixes. Depuis 2001, 191 établissements ont ainsi été sécurisés.
Un dispositif expérimental de signalisation a également été mis en place devant les écoles afin d’inciter les automobilistes à être vigilants aux abords des établissements scolaires : les inscriptions « 30km/h » et « Ralentir école » ont été peintes sur la chaussée à l’entrée de la voie et au niveau de l’école.
Les écoles élémentaires sont traitées en priorité, les enfants de 6-11 ans étant les plus jeunes susceptibles de se rendre seuls à l’école. En 2006, 168 écoles étaient déjà équipées de ce dispositif. Avec les 204 écoles déjà situées en zones 30, c’est aujourd’hui près de 80% des établissements scolaires élémentaires qui sont sécurisés.
Protéger la traversée des personnes à mobilité réduite et malvoyantes
Les personnes à mobilité réduite ou malvoyantes sont particulièrement vulnérables, notamment lors des traversées. Pour accroître leur sécurité, la Ville a équipé 4564 feux tricolores de caissons sonores. Grâce à ce dispositif, les personnes malvoyantes ont la possibilité de savoir exactement où elles se trouvent et quand elles peuvent traverser en toute sécurité.
Les trottoirs de 8370 traversées ont également été équipés de bandes podotactiles afin de signaler la présence des passages piétons aux personnes malvoyantes et leur permettre de se positionner plus facilement. Parallèlement, un nouveau système de guidage a été mis en place en 2006 sur 458 traversées : des rails de guidage détectables à la canne permettent aux personnes malvoyantes de ne pas s’écarter du passage piéton.
Enfin, 3662 trottoirs ont été abaissés afin de faciliter la descente des usagers sur les « clous », qu’il s’agisse des personnes à mobilité réduite ou malvoyantes.
Plus de lumière ! |
Côté 2 roues motorisés |
Agir ensemble
La Mairie de Paris soutient et subventionne des associations qui agissent quotidiennement pour améliorer la sécurité routière.
L’assemblée départementale de Paris de la Ligue Contre La Violence Routière a reçu une subvention de 4 500 € de la Ville en 2006. Elle participe aux actions menées par la Mairie de Paris et différentes instances de la capitale (Préfecture de Police, Mairies d’arrondissements…), organise forums et colloque, réalise des supports d’information, et assiste les victimes ou les familles de victimes des accidents de la route.
Mais aussi… |
Informer pour lutter contre les incivilités
En 2002, la Ville lançait une campagne de prévention à destination des coursiers et livreurs.
En septembre 2006, une autre campagne d’information invitait déjà les utilisateurs de l’espace public à plus de prudence.
Aujourd’hui, une nouvelle campagne est lancée par la Mairie de Paris pour dire STOP aux comportements dangereux.
Tous les usagers de l’espace public sont impliqués dans cette campagne : les automobilistes, les conducteurs de deux roues motorisés, les cyclistes et les piétons.
Lutter conjointement contre l’insécurité routière
avec la Préfecture de Police
Un dispositif collégial a été mis en place afin de lutter conjointement avec la Préfecture de Police contre l’insécurité routière. Pour cela, deux chefs de projets ont été nommés, l’un à la Ville et l’autre à la Préfecture de Police. La transmission des informations relatives aux accidents et leur analyse permet de mieux connaître l’accidentologie parisienne et permet ainsi l’amélioration des sites dangereux et l’adaptation des contrôles.
|
|
3 questions à Philippe Cauvin, chef de projet sécurité routière à la Mairie de Paris |
1- Pourquoi un chef de projet pour les questions de sécurité routière à la Mairie de Paris ?
Le nombre d’accidents et de tués est en hausse à Paris. Ces accidents dramatiques ne sont pourtant pas une fatalité. Depuis quelques mois, un nouveau dispositif commun Mairie de Paris et Préfecture de Police a été mis en place afin d’étudier de manière systématique les 120 lieux les plus dangereux de la capitale.
Les référents sécurité routière de la Ville de Paris et de la Préfecture de Police se déplacent ensemble sur les lieux des accidents. Chaque lieu fera l’objet de propositions concertées entre les deux administrations (contrôles, actions de sensibilisation, adaptations de l’infrastructure), afin de lutter contre l’insécurité routière.
La Mairie de Paris réalisera des aménagements là où cela est nécessaire (modification de la voirie, équipement et réglage des feux tricolores, signalisation au sol, éclairage). La Préfecture de Police quant à elle renforcera les contrôles et les adaptera en fonction des causes, du nombre et de la gravité des accidents.
2- L’accidentologie parisienne a-t-elle des caractéristiques ?
Paris draine chaque jour 10,5 millions de déplacements de Franciliens. A cela il faut ajouter une concentration de mouvements liés à l’activité économique, touristique... Il y a donc une très forte densité d’usagers sur la voirie et donc, un risque élevé d’accidents.
Fait marquant, le nombre de deux-roues motorisés dans la circulation a augmenté (+8% en 2005). D’un point de vue accidentologie, ces conducteurs représentent plus de la moitié des blessés et près de la moitié des morts. Les principales causes de leurs accidents sont leur vitesse excessive et les changements intempestifs de file des quatre roues.
3- Quelles sont vos recommandations ?
Il est nécessaire de poursuivre les aménagements de l’espace public, là où c’est reconnu comme nécessaire afin de sécuriser au mieux les déplacements de toutes les catégories d’usagers. Il faut également continuer les campagnes de sensibilisation pour que chacun se responsabilise, respecte les autres et adopte un comportement adapté et conforme au Code de la route. Les sanctions aux infractions et aux comportements dangereux jouent aussi un rôle important pour la pacification des déplacements et le respect des règles. C’est l’action que mène la Préfecture de Police dans les rues de Paris.
Quelques conseils pour partager la rue en toute sécurité ? |





















n 17-18 





