Depuis plusieurs années, la Ville de Paris agit concrètement afin d'améliorer et de sécuriser la cohabitation entre les différents usagers de la voie publique : aménagements des espaces civilisés, des quartiers verts, du tramway, du Mobilien… permettent déjà aux automobilistes, cyclistes, usagers des transports collectifs et piétons de se déplacer dans un espace public rééquilibré. La Ville souhaite aujourd'hui aller plus loin en soutenant activement l'élaboration d'un Code de la rue. A l'instar de la Belgique, il s'agit de concevoir une nouvelle réglementation en matière de circulation qui prend en compte les usagers les plus vulnérables comme les piétons, les cyclistes ou les rollers. En mai dernier, la Mairie lançait la réflexion sur ce nouveau Code lors d'un grand débat public, au Pavillon de lArsenal, consacré au Code de la rue dans le cadre de l'élaboration du Plan des Déplacements de Paris.
Code de la rue et Code de la route

Le Code de la route est mal adapté aux villes, et a fortiori à la capitale : rues étroites ou larges boulevards voient se côtoyer piétons, poussettes, cyclistes, motos, automobiles… et sont soumis au seul Code de la route. Il est donc nécessaire que les déplacements dans les villes prennent en compte l'ensemble des contraintes et des usagers citadins et que le mode de déplacement de référence en ville ne sera plus la voiture. La rue n'est pas qu'un espace de circulation, elle est également un lieu de vie sociale, d'activités commerciales et touristiques, de promenades… ou chacun doit trouver sa place et où le plus « fort » doit respecter le plus « faible ». Le Code de la rue, qui nécessite des évolutions réglementaires et législatives, serait une adaptation du Code de la route à la ville.
La sécurité de tous fondée sur la prudence de chacun

Un grand nombre d'accidents graves implique les usagers les plus vulnérables, en particulier les piétons et les cyclistes.
Le principe de base du Code de la rue est l'obligation à la prudence du plus fort vis-à-vis du plus faible : du camion envers la voiture, de la voiture vis-à-vis de la moto, de la moto vis-à-vis du cycliste, du cycliste vis-à-vis du piéton et du piéton à la personne à mobilité réduite. Le Code de la rue pourrait ainsi officialiser les règles de respect et de civisme que chacun est censé appliquer au quotidien.
... et sur un espace public mieux partagé

De nombreux aménagements tels que les Espaces Civilisés, les Quartiers Verts, le tramway ou le Mobilien... sont des illustrations concrètes d'un nouveau partage de l'espace public, au profit des circulations douces, des transports collectifs, de la sécurité et du confort des piétons... Le code de la rue permettra de formaliser les règles d'usage partagé de l'espace et surtout d'améliorer la cohabitation, l'esthétique, et permettre de nouveaux types d'aménagements.
En attendant le Code de la rue à Paris
La municipalité n'a pas attendu que la réflexion autour du Code de la rue s'engage pour agir concrètement sur la sécurisation des différents modes de déplacements à Paris, soit par des aménagements, soit par la modification de la réglementation dans certaines rues.
Les aménagements
En plus d'être conviviaux (végétalisation, amélioration de l'éclairage, création de placettes…), les Espaces Civilisés et les Quartiers Verts sécurisent les cheminements des piétons, cyclistes et rollers, notamment grâce à l'élargissement des trottoirs, le raccourcissement de la longueur des traversées piétonnes, la création de refuges en milieu de traversée, l'aménagements de pistes cyclables… Les aménagements liés à la mise en service du tramway et du Mobilien contribuent également à un meilleur partage de l'espace public et sa sécurisation.
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ZOOM SUR ... Le nouvel Espace Civilisé Jean Jaurès permet désormais à chacun de se déplacer dans un espace public réaménagé qui prend en compte tous les modes de déplacements urbains… En savoir plus |
Consultez les principaux aménagements |
L'utilisation de la réglementation actuelle

Un contresens cyclable
La Mairie de Paris utilise également les possibilités qu'offre l'actuel Code de la route et modifie la réglementation de certaines rues aux besoins des riverains ou aux caractéristiques du quartier :
transformations de rues en aires piétonnes,
réservation de certaines rues à la seule circulation des riverains, bus et taxis, (par exemple, la rue Chabrol dans le quartier Vert Faubourg Saint-Denis, ou le Quartier Vert Montorgueil),
réaménagement de carrefours dans les Quartiers Verts permettant de sécuriser et faciliter les déplacements piétons sans mettre en place de feux tricolores qui interrompent les cheminements,
augmentation du nombre de rues où la vitesse des automobiles est limitée à 30km/h, notamment aux abords des écoles,
expérimentation réussie de contresens cyclables, qui facilitent la circulation des vélos tout en préservant leur sécurité.
Afin de protéger les modes de déplacements les plus fragiles, de promouvoir un véritable partage de la rue entre les modes, plutôt qu'une simple séparation, la Mairie de Paris, dans le cadre de l'élaboration de son Plan de Déplacements, fera un certain nombre de propositions concrètes issues de la concertation, afin de proposer des évolutions du Code de la route : allègement de la signalisation routière, pour une meilleure efficacité, trottoirs traversants, zones de rencontre, développement des contresens cyclables, permettre aux cyclistes de tourner à droite à certains feux rouges, circulation entre les files par les deux roues motorisés…
L'exemple belge

Le Code de la rue belge
Depuis le 1er janvier 2004, le Code de la route belge a été enrichi d'un Code de la rue mettant ainsi les usagers non motorisés de la voirie au centre de règles communes. Le principe de prudence du plus fort vis-à-vis du plus faible, devenu à présent obligatoire et la forte augmentation des amendes a eu de nombreuses répercutions positives chez nos voisins.
Diminution du nombre d'accidents de la route
Au moment de l'application du Code de la rue, l'objectif des autorités belges était clair : réduire de 50% le nombre de tués sur les routes d'ici 2010. Cet objectif ambitieux est aujourd'hui en voie d'être atteint, puisque le nombre d'accidents de la route a très sensiblement diminué comme l'indique le baromètre mensuel de la sécurité routière mis en ligne par l'Institut Belge pour la Sécurité Routière. Ce baromètre, qui montre de façon très détaillée l'évolution du nombre d'accidents, de tués, de blessés… au niveau national et régional, indique une baisse du nombre d'accidents allant, selon les mois, jusqu'à 11% par rapport au mois de l'année précédente.
De plus en plus de cyclistes
Certains éléments du Code de la rue belge favorisent les cyclistes, ne serait-ce qu'en leur offrant une sécurité améliorée. Du coup, ce Code a des répercutions concrètes sur les modes de déplacements de nos voisins et plusieurs indices montrent que l'usage du vélo se généralise en Belgique. Les ventes de vélos augmentent sensiblement, et avec elles, le nombre de commerces de vélos. De plus en plus de cyclistes investissent la rue et nombre de belges se sont habitués à prendre le vélo pour effectuer de courtes distances.
Le Code de la rue belge, c'est aussi… |
Alors que l'expérience belge porte concrètement ses fruits, de nombreuses associations d'usagers et d'élus souhaitent la réforme du Code de la route français. Un groupe de travail mis en place par le Ministère de l'Equipement a débuté ses travaux au mois de mai 2006. Les différentes politiques urbaines et l'évolution des citoyens face aux questions de sécurité routière et de qualité de l'espace public forment un contexte favorable à un grand débat national autour de ces questions essentielles, auquel la Ville de Paris apportera sa motivation et son expertise.









